Chronique JuriGeek #7 – Loi du 03 août 2018 & Cyberharcèlement en groupe

Faisant suite à la création de l’article 222-33-2-2 du Code Pénal en 2014, la loi du 03 août 2018 renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, consacre la lutte contre le cyberharcèlement en palliant à la difficulté de punir tous les acteurs d’un cyberharcèlement en groupe ou d’un raid numérique.

Bien que le cyberharcèlement soit en effet pénalisé depuis 2014, il était difficile de lutter contre tous les auteurs d’une action de groupe, action qui est pourtant la forme la plus fréquente lorsqu’il s’agit de ce type d’harcèlement.

L’article 11 de la  LOI n° 2018-703 du 3 août 2018 – publiée au Journal officiel du 5 août 2018 – renforce l‘article 222-33 du code pénal grâce à l’ajout de trois alinéas ainsi rédigés :

« L’infraction est également constituée :
« 1° Lorsque ces propos ou comportements sont imposés à une même victime par plusieurs personnes, de manière concertée ou à l’instigation de l’une d’elles, alors même que chacune de ces personnes n’a pas agi de façon répétée ;
« 2° Lorsque ces propos ou comportements sont imposés à une même victime, successivement, par plusieurs personnes qui, même en l’absence de concertation, savent que ces propos ou comportements caractérisent une répétition. » ;

2° Le III du même article 222-33 est complété par un 6° ainsi rédigé :
« 6° Par l’utilisation d’un service de communication au public en ligne ou par le biais d’un support numérique ou électronique
. »

De la même manière, après le premier alinéa de l’article 222-33-2-2, sont insérés trois alinéas ainsi rédigés :

« L’infraction est également constituée :
« a) Lorsque ces propos ou comportements sont imposés à une même victime par plusieurs personnes, de manière concertée ou à l’instigation de l’une d’elles, alors même que chacune de ces personnes n’a pas agi de façon répétée ;
« b) Lorsque ces propos ou comportements sont imposés à une même victime, successivement, par plusieurs personnes qui, même en l’absence de concertation, savent que ces propos ou comportements caractérisent une répétition
. » ;
Le 4° du même article 222-33-2-2 est complété par les mots : « ou par le biais d’un support numérique ou électronique » ;

La nouvelle loi stipule donc que tous les participants à un acte de cyberharcèlement peuvent être condamnés au même titre que l’auteur principal, et ce, même si cela ne concerne que quelques mails ou tweets, quelques statuts Facebook ou quelques messages sur les forums. L’étendue de l’implication n’est donc plus un critère, ceci au profit de la seule participation, dès lors qu’il est prouvé que le participant savait que son action caractérisait une répétition pour la victime.

Les individus reconnus coupables peuvent être condamnés – comme l’auteur principal – à des peines allant jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende. Reste à voir dans quelle mesure les juges vont utiliser ce nouvel outil juridique.

Cette mesure radicale peut sans doute sembler excessive, mais face à des individus qui se déresponsabilisent de plus en plus parce qu’ils sont faces à un écran, il semble malheureusement inévitable d’en arriver à une extrémité, où afin de faire prendre conscience de la gravité de ses actes, il faille condamner sans tenir compte de l’étendue de l’implication d’un seul individu…

Et vous, pensez-vous que cela soit justifié ?

En savoir plus :

Clinique juridique de paris : workshop sur le cyberharcèlement

Non au harcèlement site officiel de l’Education Nationale

Réseau d’écoute des cyberharcelés au n° 08 200 000 net écoute ou numéro vert 3020.

Rapport du Haut Conseil à l’égalité entre les Hommes et les Femmes du 16/11/2017.

Harcèlement en ligne sur Service Public.fr

Alexa, dis moi qui est la plus belle ? (Le Test)

Les assistants personnels débarquent en force dans nos vies, avec la promesse de changer notre façon de vivre et nos habitudes. Réalité ou publicité mensongère ? Je vais enfin pouvoir répondre à cette question avec Alexa, l’assistante personnelle d’Amazon que l’on ma offerte pour mon anniversaire.

Puisque ma velue moitié ne sait pas faire simple, il fallait bien qu’après moultes comparatifs et vidéos de test il me choisisse le top – d’après lui en tout cas – soit une enceinte Sonos One compatible Alexa.

Cela démarrait fort avec du matériel « non officiel »… Mais, à sa décharge, son choix s’est également porté sur cette enceinte du fait de sa compatibilité future avec le Google Assistant, ce qui devrait me permettre de switcher le moment venu et si le cœur m’en dit.

Alors quid déjà de la compatibilité Sonos et Alexa ?

Première chose, vu que le choix de l’enceinte Sonos One portait principalement sur la qualité du son, je peux dire que de ce point de vue celle-ci remplie parfaitement son office avec un son très propre et un très bon rendu, que ce soit dans les graves ou les aigus, même avec le volume à fond.

sonos-one
Sonos One (source : site officiel Sonos)

Question installation, tout est extrêmement fluide et simple pour connecter l’enceinte à votre réseau et activer Alexa. Vous devrez pour cela installer le logiciel de Sonos et celui d’Alexa sur votre smartphone en suivant les instructions.

Dès ce stade toutefois, on constate déjà que le logiciel d’Alexa se montre lent, peu intuitif et très instable, la simplicité reposant à 100 % sur les instructions de celui de Sonos.

Ne reste plus ensuite qu’à connecter vos différents comptes utiles (Spotify, Google, Amazon … etc) pour pouvoir utiliser les fonctionnalités de base.

Avec l’enceinte Sonos, Alexa répond parfaitement aux ordres, même si la version française de l’assistante personnelle requiert une articulation poussée et une phonétique parfaite. Bien souvent, si vous parlez un peu trop vite ou bouffez des syllabes, Alexa ne comprendra rien ou interprètera votre demande à sa manière…

moi : Alexa, quelle est la définition de [mot random] ?

Alexa : la réponse est 8 !

moi : euh ….

A noter que si vous utilisez des mots anglophones vous devrez les prononcer à la « french », inutile ici d’essayer de travailler votre accent impeccable, cela résultera 2 fois sur 3 à l’incompréhension d’Alexa ou à une mauvaise interprétation. Ce qui peut s’avérer assez cocasse quand on commence à lui demander des titres de chansons en anglais…

Il est également important de respecter un léger temps d’arrêt entre le moment où vous l’activez en l’appelant et celui où vous exposerez votre requête.

Rien de rédhibitoire je vous rassure, c’est plutôt une habitude à prendre.

Là où les choses se sont gâtées c’est quand j’ai voulu apprendre à Alexa les fameuses routines. Équivalents simplifiés d’une programmation pour lui faire effectuer des tâches prédéfinies dans un ordre précis et à un temps donné. C’est au final – à mon sens – le truc le plus intéressant que vous pourrez effectuer avec votre assistant personnel.

Je vous le donne dans le mille, Sonos One est incompatible avec cette fonctionnalité d’Alexa. #douchefroide

Manifestement, Amazon s’est gardé quelques exclues sous le pied pour obliger les consommateurs désireux d’exploiter au maximum les fonctionnalités du logiciel, à acheter du matériels officiels.

Qu’à cela ne tienne, je ne suis pas rancunière et j’ai donc profité des soldes pour acheter un Echo Dot 2 à – 10%, le tout étant de réussir à faire en sorte d’utiliser à la fois l’enceinte Sonos One pour sa qualité de son et l’Echo Dot 2 pour les fonctionnalités propriétaires d’Alexa. #challengeaccepted

Connecter l’Echot Dot à mon réseau s’est déjà montré un challenge en soit. Le logiciel d’Amazon est vraiment merdique, c’est long et instable, ça plante toutes les 3 secondes et il faut tout recommencer. La manip en soit n’est pas compliquée, ce sont plutôt les limitations techniques du logiciel qui rendent la chose équivalente à certains passages de Dark Souls, même avec la fibre.

Une fois la chose faite, il était temps de tester la communication entre les deux enceintes pour réussir à lancer de la musique sur Sonos uniquement, parce que question qualité de son, l’Echo Dot 2 est à peine au-dessus d’un radio réveil. Pour ce faire, j’avais déjà fouiné sur les forums d’Alexa France et trouvé le « truc » qui rend la chose possible.

Pour résumer, lorsque vous connectez votre Sonos, et afin de déterminer quelle enceinte particulière vous souhaitez utiliser en cas de réseau, vous attribuez un nom à chaque enceinte. Notre Sonos One par exemple est appelée « Salon ». Il suffit donc de dire « Alexa, lance [musique random] sur Salon. » Et ça fonctionne ! #magique

A présent que le matériel est prêt, qu’en est-il des fonctionnalités d’Alexa ?

Les skills

Les skills sont l’équivalent des applis sur smartphone, soit des programmes qui vous permettent par exemple d’avoir les news de votre journal préféré, de suivre une recette sur marmiton ou de lire des histoires à vos enfants.

Les skills sur la version anglophone d’Alexa sont très développés et variés, sur la version FR et bien : le choix est famélique, c’est bien souvent nulle, inopérant ou inutile et extrêmement limité en terme de possibilités.

Vous trouverez certainement quelques petites appli sympa, mais honnêtement à ce stade de développement on est dans le gadget inutile. Toutefois, ne soyons pas négatifs, Alexa vient de sortir en version française et il faut sans doute laisser le temps à l’assistante de se populariser pour véritablement lancer un marché des skills en France, le grand dommage étant que l’on n’a bien sûr pas accès aux skills étrangères…

La domotique

La fonctionnalité sans doute la plus efficace d’Alexa à ce jour, pour peu que vous ayez bien sûr du matériel compatible. Tout se commande à la voix et les routines permettent de programmer directement vos différents éléments.

La musique

Il faudra investir dans un matériel non officiel pour avoir la qualité de son qui fait défaut aux produits Amazon, même si le Echo Plus semble correct. Pour le reste, honnêtement, à part pour le simple plaisir de lancer des ordres à la voix ou de découvrir ce qu’Alexa considère comme une « chanson romantique », cela n’apporte pas grand chose de plus qu’une bonne chaine HIFI. A noter que ma fille de 6 ans est quant à elle ultra fan et me lance du Magic System à toute heure du jour ou de la nuit…. #helpme

Les routines

La fonctionnalité la plus sympa d’Alexa qui vous permettra de programmer votre domotique, de programmer Alexa à accomplir des tâches journalières ou autre, à vous créer votre routine du réveil parfait ou encore à prévoir qu’à partir de 20h00 par exemple elle baisse automatiquement son volume à 2. C’est important pour éviter la crise cardiaque au milieu de la nuit si quelqu’un a le malheur de l’activer.

Bref, la fonctionnalité qui vous obligera à acquérir au moins un appareil officiel Amazon.

Drop in

Cette fonctionnalité est celle qui vous permet de passer des appels ou d’envoyer des messages via Alexa. Elle ne sera disponible que sur des appareils Amazon Echo. Non compatible avec Sonos One par exemple.

Attention ! Il y a une nuance importante à connaître : drop in ne permet de communiquer – à ce jour en tout cas – qu’avec des personnes possédant eux-même un appareil Echo et ayant activé la fonctionnalité drop in qui ne l’est pas de base. Si personne de votre entourage n’en possède tout ce que vous pourrez faire c’est appeler depuis votre smartphone, via l’appli Alexa, votre propre Echo.

Drop in vous permet également de communiquer via tous les appareils Echo installés dans votre maison si vous avez créé un réseau par exemple.

A noter que pour désactiver la fonction drop in il faut contacter Amazon, vous ne pourrez autrement que la bloquer temporairement avec la fonction « ne pas déranger ».


Voilà à ce jour, le panel des fonctionnalités d’Alexa. Nous sommes encore très loin d’un véritable assistant personnel et encore dans le gadget sympa réservé aux amateurs. Alors Alexa a elle-seule permet t’elle de faire oublier que pour l’instant elle ne sert pas à grand chose ?

Alexa, dis-moi qui est la plus belle ?

Je ne vais pas tergiverser, l’IA d’Alexa FR est à ce jour au stade larvaire.

C’est amusant au début de l’écouter ânonner des blagues pré-enregistrées ou lancer un quizz, mais son intérêt propre est assez limité.

Depuis votre appli Alexa vous pourrez retrouver l’historique de toutes vos requêtes et répondre par oui ou par non à la question « Alexa a t’elle fait ce que vous vouliez ? », ce qui, on le suppose en tout cas, est sensé lui permettre d’apprendre. Pour les plus audacieux, vous pourrez ensuite envoyer un rapport détaillé de ce qui s’est passé, afin de permettre aux équipes techniques de travailler sur ce point précis.

Le suivi est-il sérieux et efficace ? aucune idée. Tout se fait via un formulaire pré-établi qui est ensuite envoyé à Amazon. Quelques minutes après vous recevez un email automatique qui vous remercie, vous indique que votre requête va être transmise à l’équipe de développement et vous dispense quelques conseils d’utilisation.

Nous pouvons espérer toutefois que les utilisateurs/développeurs jouent le jeu et qu’à force de requêtes Alexa va s’améliorer.

A noter également une chose que je trouve dommage, lorsque par exemple nous lui demandons quelle pharmacie est ouverte, elle va se contenter de faire une recherche Google et nous sortir la pharmacie la mieux notée plutôt qu’analyser ou trier lesdits résultats. Franchement léger à ce stade pour une assistante personnelle, puisque Google assistant fait déjà bien mieux sur mon smartphone.

La fonctionnalité d’achat fonctionne par contre parfaitement puisqu’après une soirée avec des amis peu scrupuleux, je me suis retrouvée avec un panier bien garni sur mon compte Amazon. Heureusement, j’avais désactivé la fonctionnalité depuis l’appli Alexa afin d’éviter tout problème, ce qui a évité la commande immédiate. Je vous conseille d’ailleurs de faire de même…

Il est en tout cas pour l’instant impossible de « dialoguer » avec elle, ce qui n’empêche pas ma progéniture de 6 ans de lui parler pendant 5 bonnes minutes peu soucieuse des nombreux « je ne sais pas » qu’Alexa peut lui répondre. Très polie ma fille lui lance un nombre incalculable de « s’il te plait » et nous enguirlande en prônant la sensibilité d’Alexa lorsque nous ne le faisons pas ou encore que ce n’est pas de sa faute si elle répond mal car « elle apprend ».

Une chose est sûre, la nouvelle génération est fin prête pour l’intelligence artificielle et les robots.

L’IA à la maison c’est pas pour demain

Alors inutile de trembler face aux gros titres prônant le règne proche de l’intelligence artificielle, parce que pour l’instant on est encore largement au stade du gadget, en tout cas en ce qui concerne les produits de consommation accessibles. Alexa n’est clairement pas DeepBlue ou DeepMind…

C’est un outil je l’espère évolutif, qui peut trouver sa place dans votre maison pour rendre certaines choses rigolotes ou classes, comme demander la météo ou ce qu’il y a sur votre agenda pour la semaine, mais la fonction d’assistant est encore trèèèès loin d’être significative.

On espère que les skills vont se développer afin d’offrir plus d’utilité à Alexa qui se contente pour l’instant de répéter ce qu’elle trouve sur Google ou d’utiliser ce qui a été mis à sa disposition avec ce que cela implique de pertinence ou non.

Se pose également la question du traitement de nos données personnelles et de la sécurité, qui à ce stade ne sont certainement pas encore au point….

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Au final autant utiliser directement Google Assistant que j’ai hâte de tester également.

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Bilan des conférences E3 2018

La valse des conférences est terminée, le salon a ouvert ses portes au public hier pour commencer le tango de la séduction. Il est temps de faire le bilan du show annuel des éditeurs phares du jeu vidéo.

Pour la première fois je suis bien en peine pour désigner le « vainqueur » de la guerre des conf.  La victoire est habituellement beaucoup plus nette, mais cette année mon cœur balance entre Microsoft et Ubisoft. Bon rythme, lines up solides, quelques surprises… je pense que les deux éditeurs étaient au même niveau.

Du coup pour les autres, Devolver mis à part – hors compétition – le seul failed revient à EA, franchement à la traîne, Nintendo quant à lui a clairement changé sa politique de communication pour des présentations à vocation court terme et son format « direct » régulier qui ponctue l’année, Sony a assuré une line up déjà connue et solide, SquareEnix n’a pas vraiment brillé en 30 minutes et Bethesda a sorti la carte « Elder Scroll » à la fin d’une conférence plutôt pépère…

Question jeux j’ai remarqué que les indé étaient beaucoup moins présents cette année. La folie indiegame serait elle en train de retomber ? ou les éditeurs ont-ils enfin suffisamment de « gros » jeux pour ne plus avoir besoin de bouches trous ? Idem pour la VR qui s’est faite plus que timide…

On notera également une déferlante de nouvelles IP fortes portées majoritairement par des studios ayant déjà fait leurs preuves :

  • Sekiro – Shadows die twice  : l’alliance la plus contre-nature avec From Software au développement et Activision à l’édition
  • Session :  creā-ture Studios Inc.
  • Jumpforce : Bandai Namco
  • Starfield : Bethesda
  • Babylon’s Falls : Platinum Game
  • The quiet man : Human Head Studios ? (à confirmer)
  • Ghost of Tsushima : Sucker Punch
  • Déraciné : From Software

Pas étonnant que l’on ai pas eu droit à l’annonce d’un Bloodborn 2 ! From Software est courtisé de tous les côtés.

Mais ne nous plaignons pas, cette surprenante tendance à la prise de risque dans un marché saturé par les mêmes IP années après années est une excellente nouvelle. Laissez les studios créer ! Microsoft l’a également compris en sortant le chéquier pour acquérir quatre nouveaux studios dont le très en vue Ninja Theory et en créer un cinquième. Le seul moyen aujourd’hui pour les éditeurs d’avoir des exclues est de payer pour elles en les produisant. Pas de mystère, Sony l’a déjà compris depuis plusieurs années et enterre Microsoft sur ce terrain depuis aussi longtemps. Au final, si l’on reste objectif, exception faite d’Halo et d’un quelconque chauvinisme de consoleux, la Xbox ne fait pas le poids face à la PS qui a le mérite d’offrir de réelles exclues, tout comme les consoles de Nintendo.

La puissance ne représente pas grand chose si vous ne pouvez pas jouer au jeu qui vous fait envie…

Bonne surprise également avec un changement encore timide mais qui s’est ressenti dans toutes les conférences : l’epicfailed d’EA avec Starwars Battlefront et ses lootboxes de merde a servi de leçon. Les éditeurs semblent avoir compris que certaines limites ne pouvaient pas être franchies en terme de modèle économique, surtout sur de grosses licences.

On avait déjà vu ce genre de fail avec des jeux comme Evolve que son modèle économique a tué dans l’œuf. Mais ce n’était pas une licence aussi people que Star Wars, aussi sa mort lente et douloureuse s’est-elle déroulée dans l’indifférence générale. Alors je crois que l’on peut presque remercier Battlefront d’avoir été aussi greedy ! Sans ce faux pas sur une IP aussi en vue, sans doute n’aurions nous pas assisté au meaculpa général des éditeurs lors de cet E3 2018. Merci EA !

Dernier point : le cloudgaming  + l’abonnement ont définitivement le vent en poupe. Les éditeurs se lancent dans la mêlée avec leur propre format.  L’abonnement mensuel serait-il le prochain sésame des joueurs limités en budget ou en place ? Bonne idée ou piège à mougeons ? Nous le saurons une fois le modèle économique et le fonctionnement de ces nouvelles plateformes de cloudgaming connus et testés.

Pour finir voici ma sélection personnelle parmi les jeux présentés ou entre-aperçus, tous éditeurs confondus :

  • Ori and the Will of the Wisp – je n’y jouerais pas parce que je déteste les plateformes mais je regarderai ma mauvaise moitié y jouer parce que lui, il adore
  • Sekiro – shadows die twice – parce que From Software & Activision (wtf je dois voir ça)
  • We happy few – parce que le style barré et la DA m’intrigue
  • The division 2 – je suis la première surprise mais ce que j’ai vu du jeu m’a donné envie
  • Devil may cry 5 – parce que même si je râle sur les suites à n’en plus finir la série des DMC est plutôt dans le haut du panier
  • Cyberpunk 2077 – parce que j’ai confiance en CD Projekt pour réussir à sublimer ce monument du JDR
  • Babylon’s falls – parce que Platinum Games
  • Beyond Good and Evil 2 – parce que c’est un peu l’arlésienne du jeu vidéo avec Shenmue 3
  • Skull and Bones – trop de swag
  • Transference – curiosité malsaine
  • Resident Evil 2 remastered – parce que resident evil old school
  • Death stranding – ce projet porte peut-être en lui le futur du jeu vidéo
  • Ghost of tsushima – DA magnifique, combats de sabre ultra classes
  • Déraciné – parce que From Software qui fait dans le poétique c’est une expérience à ne pas rater.

Etant donné que la majorité de ces jeux n’a même pas encore de date de sortie je sens qu’il va falloir trouver autre chose pour s’occuper en attendant… so be it !

E3 2018 – Programme des conférences

Le rituel immanquable du « pavanage » vidéoludique US va bientôt recommencer pour une édition 2018 que l’on espère pleine de surprises vu le néant actuel en terme d’effet d’annonce ou de nouveauté.

Alors si comme moi vous aller suivre les conférences avec café et popcorn en voici le programme jour par jour, à l’heure française évidemment :

Conférence Electronic Arts samedi 9 juin 20h00
Conférence Xbox (Microsoft) dimanche 10 juin 22h00
Conférence Bethesda lundi 11 juin 03h30
Conférence Devolver lundi 11 juin 05h00
Conférence Square Enix lundi 11 juin 19h00
Conférence Limited Run Games lundi 11 juin 21h00
Conférence Ubisoft lundi 11 juin 22h00
PC Gaming Show mardi 12 juin 00h00
Conférence PlayStation (Sony) mardi 12 juin 03h00
Conférence Nintendo mardi 12 juin 18h00

Le salon lui-même se déroulera du 12 au 14 juin 2018.

Si vous voulez bitcher, baver ou simplement apprécier en direct, vous pourrez suivre mes nombreux commentaires incohérents et inutiles sur twitter @Djianne25.

Bon live à tous !

Faut-il exorciser les GAFAM ?

Tantôt responsables de tous les maux d’internet, tantôt visionnaires et porteurs des projets du futur, les géants du web ont atteint une telle importance – financière et symbolique – qu’ils ne peuvent plus laisser indifférents, et force est de constater que les fameux GAFAM commencent à agacer voir même à sérieusement déranger nos institutions et intellectuels de tous poils.

Sont-ils pour autant néfastes ?

Le géant tentaculaire qu’est devenu Google devrait-il être démantelé ? Amazon régulé ? Facebook muselé ? Apple et Microsoft privatisés ?

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Les agriculteurs bio autorisés à vendre leurs semences paysannes

Jeudi 19 avril 2018 les eurodéputés ont adopté un nouveau règlement sur l’agriculture biologique.

Une des mesures autorise la « reproduction végétale de matériel hétérogène biologique » ce qui signifie concrètement que les agriculteurs bio pourront vendre leurs semences paysannes sans devoir les enregistrer sur le cahier officiel des espèces.

Mis en place depuis la seconde guerre mondiale, l’industrialisation des semences a eu pour effets pervers de réduire considérablement la variété et le nombre des aliments consommés, mais également d’induire un monopole écrasant des grands groupes agro-alimentaires.

Cette nouvelle mesure devrait permettre de relancer la biodiversité, de faciliter le passage à une agriculture plus responsable pour les petits producteurs et de limiter le poids des monstres du secteur. C’est en tout cas le but recherché, même si certain y voit également une ouverture pour les grands groupes de pouvoir exploiter cette « faille » de la réglementation pour déposer des semences moins homogènes comme les nouveaux OGM.

Difficile donc à ce stade d’avoir une idée globale des effets de cette nouvelle mesure qui n’en est pas moins une avancée notable vers la recherche d’une agriculture plus éthique à une époque où l’impact de l’industrie agro-alimentaire n’a jamais été aussi néfaste.

Un article complet est disponible sur Novethic.fr pour plus de détails.

The filter bubble

Claque magistrale à l’opinion publique bien-pensante occidentale, l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche a permis – pour certains – de constater l’étendue de la puissance des GAFA et le rôle indirect qu’ils peuvent jouer chaque jours à un niveau géopolitique et géostratégique insoupçonné.

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